Après une carrière éprouvante passée à surveiller des rails depuis une cabine climatisée, Jean-Noël Fruchard, jeune retraité de 54 ans, a décidé de relever un défi que peu de Français oseraient envisager : acheter un manoir normand de huit chambres, douze salles de bain, une salle de billard et une piste de bowling.
Accompagné de son épouse Corinne, le couple tente aujourd'hui de survivre dans cet immense domaine, malgré des revenus cumulés de seulement 7 000 euros de retraite par mois.
Une situation financière particulièrement délicate
« Les gens pensent qu'avec deux retraites confortables, tout est facile », explique Jean-Noël en observant avec inquiétude la longueur de son allée privée.
Entre le chauffage du manoir, l'entretien du billard et le cirage de la piste de bowling, on ne roule pas sur l'or.
Jean-Noël Fruchard, propriétaire du manoir
Une réalité souvent méconnue du grand public.
Selon plusieurs sources proches du dossier, le couple doit faire face à des dépenses considérables : tonte du parc, entretien des douze salles de bain et choix particulièrement difficile du canapé destiné au petit salon de réception.
Une retraite bien méritée après une vie de labeur
Après avoir atteint l'âge de la retraite à seulement 54 ans, Jean-Noël reconnaît qu'il lui reste encore un peu d'énergie pour entreprendre quelques travaux.
Certains disent que je suis encore jeune. Je leur réponds qu'après toutes ces années de service, il faut savoir écouter son corps.
Jean-Noël Fruchard
Le futur châtelain prévoit donc de consacrer ses journées à refaire quelques peintures, rénover certaines pièces et superviser l'organisation du domaine depuis son billard.
Des travaux titanesques
Le manoir nécessite plusieurs interventions urgentes :
- Rafraîchissement de certaines chambres.
- Modernisation de plusieurs salles de bain.
- Entretien du bowling privé.
- Optimisation du confort général déjà relativement élevé.
On ne peut pas tout faire d'un coup. Il faut établir des priorités.
Corinne, co-propriétaire du manoir
Le couple envisage ainsi de commencer par les espaces les plus essentiels à la survie quotidienne : la salle de réception et la salle de billard.
Les habitants admiratifs
Dans la région, l'arrivée du couple suscite l'admiration.
C'est beau de voir des gens partir à la retraite aussi jeunes et trouver encore la force de se lancer dans un projet pareil.
Un voisin de Forges-les-Eaux
D'autres habitants soulignent le courage du couple face à cette situation.
Beaucoup auraient abandonné devant huit chambres et douze salles de bain. Eux tiennent bon.
Un habitant de Forges-les-Eaux
Un avenir plein d'espoir
Malgré les difficultés, Jean-Noël reste optimiste.
Le couple espère que le manoir pourra bientôt retrouver tout son éclat.
Entre deux travaux, quelques voyages et d'éventuelles discussions passionnées sur les conditions de travail des cheminots, les nouveaux propriétaires comptent profiter pleinement de cette retraite difficilement acquise.
Une chose est sûre : à Forges-les-Eaux, la vie de château n'est pas de tout repos.